Le Grand Sud-Ouest 5

Retour page accueil

Autre(s) page(s) en rapport avec ce sujet : Grand Sud-Ouest (1) – (2) – (3) – (4)

Samedi 16 septembre

Mortagne-sur-Gironde – Golfech 278 km

Juste au moment de partir, l’agent percepteur fait son apparition ; pardi, la veille au soir, avec ce qui tombait, il avait remis sa tournée au lendemain. Même notre chienne n’avait pas voulu mettre son museau dehors !
Avant de quitter définitivement les lieux, je passe par la plateforme de vidange qui se trouve de l’autre côté du canal. J’engage mon véhicule sur la dalle, mais au moment d’ouvrir la vanne située sous le côté droit du véhicule, je constate que la grille d’évacuation du sol se trouve à l’opposé, au pied du muret où se trouve aussi le robinet d’eau.
Il ne m’en coûte qu’une manœuvre pour me positionner correctement. Voilà le type même d’une plateforme mal conçue. Si le réceptacle avait été au centre d’une dalle en béton à quatre pentes, cela conviendrait à tous les camping-cars, même ceux équipés d’une vidange centrale.
À présent direction de Blaye en longeant l’estuaire. Bref arrêt dans cette cité puis paisible roulage le long de la Garonne. Nous prenons notre repas de midi à Plassac. La pluie est toujours au rendez-vous.
Un peu plus tard la capitale girondine nous accueille aussi. Petite virée dans le centre, la circulation est assez dense, passage sur l’avenue qui longe les quais, les travaux de la deuxième ligne du tramway perturbent  fortement le trafic. Nous apercevons le croiseur Colbert* amarré au quai des Chartrons. Une visite s’impose à ce musée flottant. Par chance, nous pouvons nous garer sur le parking, devant le navire.

Méfiant, redoutant de me retrouver bloqué, je pars aux renseignements ; on m’apprend qu’aujourd’hui est la journée du patrimoine et que l’accès est autorisé, et comme une aubaine n’arrive jamais seule, la visite guidée sera aussi gratuite.
Durant près de deux heures et demie nous parcourons les coursives, de la machinerie à la passerelle de navigation, sans oublier l’appartement de l’amiral, l’hôpital, la salle de préparation des missiles… Une visite instructive et passionnante. Nous quittons ce géant des mers en retraite en fin d’après-midi.
On nous attend demain pour midi à Saint-Sulpice, dans le Tarn, donc pas question de s’attarder.

Dans un premier temps j’envisage de faire halte à l’aire de Créon,  mais compte tenu de la distance qui nous reste à effectuer le lendemain pour être au rendez-vous, nous continuons afin de nous avancer le plus loin possible.
Agen est atteint à la nuit, la météo est toujours aussi capricieuse. Je consulte mes notes sur les aires de services, une sur l’A62 et une autre à Layrac, mais cela ne me convient pas, nous continuons. Déjà 20 h 45 il est grand temps de trouver un point de chute. Entrée dans Golfech, il pleut, c’est la nuit ; dans la lueur des phares, un panneau directionnel indique la salle polyvalente ; sans aucune hésitation j’en prends la direction, normalement il devrait y avoir un parking tout proche. Un doute me vient, on est samedi, il risque d’y  avoir une soirée ou une manifestation ; un dernier virage et nous débouchons sur de vastes parkings, délimités par des parterres gazonnés et boisés ; aucun véhicule, la salle polyvalente est obscure, pas un chat !  Ouf, je me gare ; pendant que ma femme s’occupe du repas, je prépare le camping-car pour la nuit. Notre chienne, « Viky », berger allemand, me fait comprendre que son estomac crie famine et qu’il serait grand temps que je pense aussi à elle.

Décidément toujours cette pluie et ce vent en rafales qui ne nous lâchent pas. En cours de nuit la chienne émet des petits grognements qui me réveillent, effectivement je perçois comme un râle d’animal tout proche en train d’agoniser ; cela achève de me réveiller. La chienne toute contente que je me sois levé ne manifeste plus aucune mise en garde. Bizarre ! Plus de râles, tout est calme, seule la pluie qui tombe martèle le toit du camping-car. Je ne suis pas du tout chaud pour sortir, alors je jette un coup d’œil à travers les volets, rien ! Au moment de me recoucher, ces maudits râles reprennent. Tendant l’oreille je localise la source du bruit suspect, c’est au-dessus de la penderie, je comprends alors que c’est une branche de l’acacia tout proche qui vient frotter sur la cheminée du chauffage.
Pour mettre fin à cette partition, je dois déplacer le camping-car..
    
 *(Par décision de la mairie de Bordeaux, le croiseur-musée Colbert est fermé depuis le 2 octobre 2006. En mai 2007 il quitte Bordeaux remorqué jusqu’au cimetière marin de Landévennec, près de Brest, en attente de déconstruction.).

Dimanche 17 septembre

Golfech – Saint-Sulpice 151 km

Tiens le ciel est dégagé, le soleil fait son apparition.
Bientôt nous prenons la direction de Montauban en passant par Valence et La Française.
À midi et quart, nous arrivons au terme de ce parcours chez nos enfants à  Saint-Sulpice.
L’après-midi, nous partons visiter cette ville tarnaise de 8 000 habitants, plus particulièrement le souterrain du Castela.
C’est au milieu du Moyen-âge, pour servir de refuge aux habitants, que ces galeries sont creusées.

Au XIIIe siècle, lors de la construction du château et de la création de la Bastide il servira d’entrepôts pour les seigneurs.
Plus tard,Jeanne de Boulogne et d’Auvergne, réfugiée au château, se retrouve démunie, sans argent, pour s’acquitter de ses dépenses courantes et payer ses serviteurs. Elle installera dans le souterrain sa petite entreprise de faussaire. Elle sera surnommée « la faussaire de Saint-Sulpice ». Elle sera inculpée, mais son décès survenu avant le procès éteindra les poursuites.
Bien plus tard encore ce souterrain deviendra un refuge pour les protestants.  

18 septembre

Saint-Sulpice – Juvignac 260 km

Le départ de cette dernière étape se fait aux aurores direction Saint-Affrique. Puis nous revoilà à Millau et en tout début d’après-midi dans notre village.
Soudain, notre chienne reconnaissant la rue, se met à aboyer joyeusement toute contente de retrouver son univers.

Retour page accueil